MadBlog
Monday 27 February 2006

My GFDL Ballot

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Thursday 9 February 2006

Le mail payant, ou “comment AOL et Y! sont devenu spammeurs”

La nouvelle a été relayée sur tous les sites techniques, et dans la majorité des journaux : Yahoo et AOL ont décidé de lancer un système d'envoi de mail payant. Je recommande la lecture de l'article du figaro sur le sujet qui est assez clair, et objectif.

Néanmoins, ne nous leurrons pas, ce système comporte bien plus de dangers que ce que l'article du Figaro sous entend. Bien sur, le phénomène de barrière à l'entrée va être énorme, à cause du poids de ces deux géants du mail. D'autant plus que ce que l'article ne dit pas, c'est que AOL (et en fait ils le font déjà) va supprimer des mails “non surs” toutes les photos, et autres mises en forme de tous les mails qui n'auront pas été blanchis par ce service. Comprendre que si vous êtes une petite association, votre Newsletter mensuelle, si elle a la chance de faire partie de l'élite qui sans payer le droit de ne pas être filtré, arrive tout de même à bon port… eh bien votre mail bichonné, mis en forme avec amour, et avec des illustrations agréables, va arriver défiguré, réduit à sa plus simple expression.

Mais réfléchissons un peu : si les spammeurs spamment, c'est qu'ils y gagnent quelque chose. Et le plus souvent, ce quelque chose est de l'argent. Et donc les gens qui utilisent les services payant de spammeurs, auront tout autant les moyens de se payer les moyens de sauter les protections antispam de ces fournisseurs. Donc au final, qui va encore trinquer ? Comme d'habitude, les gens qui n'auront pas les moyens de payer cette taxe (parce que ça n'est rien d'autre qu'une taxe). Encore une fois, on voit l'émergence d'un système de ségrégation par l'argent. Très bonne idée pour réduire la fracture numérique, s'il vous plaît, applaudissons tous en cœur !

D'autre part, on pourrait se dire que cette taxe serait justifiée par le surcoût induit par le spam, qui ferait baisser le rendement financier des serveurs de mails (que je vais appeler par leur nom technique — MX comme Mail eXchanger — dans la suite du billet). C'est donc que si on fait un calcul du prix que coûte un MX, ramené aux nombres de mails qui y transitent chaque jour, on devrait tomber sur le coût payé (entre 25 et 100·10^-4 USD, soit à peu près pareil en €).

Mais voilà, une machine très largement capable de tenir la réception de 300.000 mails par semaine (et qui très vraissemblablement saurait en tenir 10 fois plus sans aucun besoin de hardware supplémentaire) coûte environ 4k€ à l'achat, et aura sans doute une durée de vie sans surcoût (sauf un ou deux disques dur de l'ordre de 200€) sur au moins 5 ans. Ajoutons la connexion internet (~1000€/mois pour les plus gros tuyaux) et la facture d'électricité (1000€ me parait un très gros majorant pour une année), on arrive au coût de la machine sans doute très largement en dessous de 70k€ pour 5 ans, soit 14k€/an, soit 269.23€/semaine.

Pour la machine dont je parle, et avec ces majorants très larges du coût de la machine, j'arrive à un coût du mail entrant[1] de l'ordre de 8.97·10^-4 €. Si ma supposition que la machine est capable de tenir dans les 3millions de mails par semaine (soit ~400.000 mails par jour, soit 4 mails par seconde ce qui n'est pas délirant) se tient, alors le mail coûterait donc moins de 9millièmes de centimes d'euro. Pour un mail, AOL/Yahoo vont facturer les mails plus de 20 fois ce qu'il leur en coûte réellement[2].

Tout ceci bien sur, non pas pour arrêter le spam, mais pour le légaliser. Il n'y a pas à dire, ces gens sont brillants : ils réussiraient là à prendre des parts de marché d'une pratique interdite (le Spam) tout en vendant ce service comme le moyen de stopper le spam. Et bien entendu, les gens vont accueilir ceci la bouche en cœur.

<mode John 'the Biscuit' Cage>
  ô mes (rares) lecteurs, Répétez après moi « They are mean mean mean people »
</>

Notes

[1] calcul qui fait la supposition que tout le coût de la machine est à imputer aux mails entrant, ce qui est encore une hypothèse dans la faveur de Y! et AOL

[2] avec des hypothèses pourtant largement en leur faveur, je suis sur qu'avec des chiffres plus précis, on pourrait avoisiner un facteur 100.

Monday 6 February 2006

Air France, pour vous faire aimer l'avion…

Airbus A-320 Histoire de changer, et de faire mentir Tubuai, ce billet ne comportera pas d'informatique (non pas du tout) !

Ce Week-end, j'ai pris l'avion (oui, tout seul comme un grand !). Alors que va bientôt commencer le procès de Zacarias Moussaoui, ça devient un exercice assez particulier. Passer le portique de sécurité est une épreuve digne de Fort Boyard, en moins drôle, moins sportif, et avec des animateurs beaucoup moins sympa que Patrice Laffont ou Jean-Pierre Castaldi.

Le trajet concerné était la Navette Paris-Toulouse. À l'aller, A-320 plein à craquer, vacances oblige. Au retour, chaque passager avait une rangée pour lui tout seul (et encore, si ça n'était pas deux). Ceci et la loi de Murphy appliquée aux aéroports font naturellement que la paranoïa des agents de sécurité s'exprime toujours et de préférence sur le trajet du retour. Il y a d'ailleurs fort à parier que les agents de sécurité des aéroports touchent de grasses “subventions de fin de mois” de la part de la Poste et autres coursiers, tellement c'est systématique…

Bref, aéroport de Toulouse-Blagnac, Dimanche 5 Février, à 9h30 du matin (peut-être est-ce aussi une circonstance aggravante sur l'humeur des agents de sécurité d'ailleurs…), nous arrivons dans la queue d'embarquement, avec un sac à dos et une housse contenant une paire de roller et un jambon cru (entier). Tandisque Sabine devait retirer ses chaussures puisqu'il est si évident qu'elle avait plastiqué ses talons voyons — surtout il faudra m'expliquer comment on peut voir ça aux rayons X ... — je place naïvement mes effets sur le tapis de détection. Par chance, je passe sans faire sonner l'alarme du portique et le passe au premier essai (si si c'est possible !), assez fier de ma performance.

Mais là, c'est le drame…

En effet, le vigile, version Barthez en plus maigre, me harangue: « ah Monsieur, je crois qu'il va y avoir un problème… »

Et là je me dis, ah merde, les 3 bouteilles — en verre — de sirop qui sont dans mon sac a dos n'ont pas du lui plaire. Eh bien figurez vous que non, j'avais sans le savoir, caché une arme de première catégorie dans ma housse, en la paire de roller. Comme chacun sait, les roller sont des armes létales aux diverses utilisations :

  • il est connu qu'il est aisé d'utiliser les roues caoutchoutées pour étouffer votre adversaire, en lui ordonnant de les ingérer ;
  • vous pouvez utiliser les lacets (forts longs il faut le reconnaître) pour étrangler le pilote — bien sur je porte des lacets sur ma paire de Doc'Marteens mais ça ne compte pas, parce que les terroristes, sont toujours chaussés de bottes en caoutchouc, et surtout ils n'ont pas de chargeurs de téléphone avec fil métallique plus tranchant que le fil à couper le beurre ;
  • vous pouvez vous servir de la coque renforcée comme d'une massue, avec une prise en main particulièrement ergonomique (…), en tout cas, bien plus que le monstrueux jambon que nous portions — c'est connu, le jambon, c'est comme un polochon, ça fait pas mal ;
  • vous pouvez discrètement, avec des outils en matériaux composites qui passent les portiques, démonter la platine alu et en faire un cran d'arrêt meurtrier, le tout dans le temps imparti des 50minutes que dure le vol Toulouse-Paris et sans se faire remarquer des hôtesses — d'autant plus facile, après tout, dans les 20cm² que propose le siège d'un avion, il est particulièrement aisé de manipuler des objets aussi discrets que des roller ;
  • enfin, et c'est sans doute l'utilisation la plus dangereuse[1]: on peut bien sur chausser les roller, et prendre son élan d'un bout à l'autre de l'appareil, et empaler le pilote sur le manche, grâce à la vitesse accumulée — bien sur pour ça il faut juste être champion de roller ou faire abstraction des trous d'air, de l'hôtesse qui sert du café au milieu de l'avion, et surtout du fait qu'en fait le pilote n'est pas dans l'axe de votre course.

Bref, c'est totalement crétin.

D'autant plus que je transportais dans le sac à dos :

  • trois bouteilles en verre — mais il est évident que je ne pouvais pas les utiliser comme arme, elles étaient pleines, je n'allais pas gaspiller leur contenu !
  • mon chargeur de portable — mais le mien est en coton, et il faut le mouiller pour qu'il conduise l'électricité, du coup il ne peut servir d'outil strangulateur ;
  • un jambon de taille et poids respectables — qu'il est impossible d'utiliser comme une massue…

Je veux bien comprendre les règles de sécurité dans les aéroports, mais elles ne servent à rien, parce qu'on interdit pas les champions d'arts martiaux, les lacets, les bouteilles en verre achetées au Duty Free (parce que ça ferait des grèves du personnel de l'aéroport), les chargeurs de téléphone, les stylos plume, le fromage corse et les chaussettes sales.

Alors s'il vous plaît, Messieurs les responsables de sécurité dans les aéroport, arrêtez le zèle: à Londres, les terroristes ont largement montré que même avec une police rompue à la lutte anti-terroriste[2], ils arrivent à leurs fins. Arrêtez d'emmerder les passagers pour le principe (ou pour reluquer le corsage des minettes pendant qu'elles retirent leurs bottes montantes). Ou alors, proposez un système qui fait que les passagers d'un vol d'une heure ne passent pas 30 minutes à attendre leurs bagages, ça les motivera plus à mettre des bagages en soute.

Notes

[1] pour le porteur, les autres j'en doute…

[2] on n'a pas tous un IRA dans son histoire.